Jean Michel Daclin, le Blog

SUISSE-MALI: 0-1

image 1Retour d'un voyage éclair à Bamako, de cette Afrique sub-saharienne où tous les ans 800 000 enfants de moins de 5 ans meurent du paludisme. Un continent toujours aussi improbable et magique. C'est pour tomber à ma descente d'avion sur le résultat des élections suisses. Victoire de l'UDC de Blocher qui a fait sa campagne derrière une affiche où l'on voit le vilain mouton noir se faire vider du pays.

On nous a souvent donné cette fédération de cantons comme l'exemple de la démocratie idéale. Sur certains aspects, oui. Mais peut on faire vivre une démocratie lorsqu'un peuple aspire à se replier sur lui même et à foutre dehors tout ce qui n'est pas dans la norme? Bien pire même la Suisse Romande, jusque là exemplaire, s'y met!

Les présidentielles de 2002 nous poussent à la modestie. Mais je suis convaincu que ce combat n'est pas national. Il s'agit bien du combat de toute une culture. D'un véritable combat politique qui range au rayon des accessoires nos petites luttes internes.

CAÏN

J'espère que votre week-end illuminé par l'étonnante énergie du quinze de France n' a pas été hanté par la terrifiante publicité qui occupait les couloirs du métro la semaine dernière.On y voyait, plaqué sur un objet bizarre, un oeil énorme éclairé par derrière. Sur certaines, un effet stroboscopique le faisait grossir et diminuer, avec une intention hypnotique à peine dissimulée. Que voulait nous vendre UPS, signataire de cette affiche? Tout simplement la sécurité (éternelle?) grace à son produit WIDGET qui permet à chacun d'entre nous de voir tout, partout. On ne sait pas pourquoi faire, mais chacun d'entre nous se voit soudain promus comme grand ordonnateur d'une télésurveillance personnelle mais néanmoins planétaire. C'est "tous Big Brother" ou "surveillons nous les uns les autres" érigés en code social. L'horreur! Je ne sais pas si cela était du aux profondeurs du métro mais cette affiche évoquait plutôt pour moi "l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn..."

VOYAGE (RETOUR DE)

Voyage dense à Philadelphie, New York et Montréal. Peu de villes existent dans la ville des villes, La Pomme. New York est vraiment une machine à broyer. Sans Pitié. J'adore. Notre stratégie d'un club de 350 lyonnais relais est la bonne. A l'inverse d'une volonté illusoire de notoriété à tous prix, un réseau nous apporte des contacts directs et opérationnels, de lyonnais à lyonnais.

Philadelphie ou Montréal sont au contraire des villes où Lyon existe (et existe bien!) avec un partenariat riche et en développement. Très fort en économie mais aussi dans le domaine universitaire, culturel, touristique...Jusqu'aux barreaux qui sont croisés.

Pour jouer des synergies, j'étais là bas avec Jean Besson, sénateur et mon homologue à la région. Quel personnage! Une immense sensibilité se cache derrière l'apparence "radical III° république" qu'il s'amuse à jouer. Nous sommes retourné à la Fondation Barnes. Peut être un jour arriverons nous à les convaincre de montrer cette caverne d'Ali Baba à Lyon...

C'est de retour dans l'avion que je lis l'article du Monde sur la biennale. Il tacle violement sous le pretexte que réunir des individualités et demander à chacun de choisir un artiste symbole de l'art contemporain aujourd'hui n'est pas un concept. Certes! Mais le monde d'aujourd'hui est fondamentalement pluriel et a du mal, même avec un chausse pied, à rentrer dans ces concepts simplificateurs qui plaisent tant à notre cartésianisme. Pas étonnant qu'une biennale porte cela!