Jean Michel Daclin, le Blog

MALECOT SE FAIT LA MALLE

Il m'avait demandé mon avis il y a un mois. Mais c'était de pure forme. C'est dur de résister à l'attraction...

Il l'a annoncé la semaine dernière: "moi, Charles Henri Malécot, PS, directeur des relations internationales de Lyon je rejoins le maire de Saint Etienne, de Droite, pour être adjoint au maire". Instants de gloire dans les médias, quelques lignes font toujours plaisir...Incarner l'ouverture est dans le moove.

J'ai du mal à voir là un acte irréparable de traîtrise. J'aime le personnage, son intelligence comme son insupportable désinvolture. Il aime les (très bons) cigares mais est excellent dans sa connaissance des réseaux internationaux. Il nous a fait gagner du temps même s'il nous en fait perdre dans sa gestion hasardeuse des relations humaines.

So long Charles Henri! Si le sort nous est favorable à toi et à nous (bien que ce soit un peu contradictoire) nous pourrons peut être apporter notre pierre à la construction du destin lié Lyon-Saint Etienne. En dehors du foot, bien sûr. Mes amitiés à Michel Thiollière pour lequel j'ai du respect.

TINTIN AU PAYS DE L'OR NOIR

Départ demain pour Dubaï. Avec Nadine Gelas, nous menons une délégation de 50 personnes, université et entreprises. Il s'agit de péréniser officiellement les relations entre nos deux villes. Avec, à court terme, deux concrétisations: une université initiée par Lyon II et une réplique là bas d'un Lyon dont est tombé amoureux un émir.

Mais, au delà, il s'agit d'accompagner des entreprises lyonnaises (Zilli et le comité Bellecour qui fait un évent) et surtout de séduire des investisseurs et de les convaincre du potentiel formidable de notre agglomération. Sur ce dernier point, sept rendez vous sont programmés.

Ce message est personnel et il se veut une réponse au blogeur qui, la semaine dernière, doutait des objectifs opérationnels de nos déplacements. Non, ce n'est pas par amour des aéroports, des avions voire des hotesses de l'air que je me lève à 5 h 30 pour passer 3 jours dans des salles de réunion à l'autre bout du monde.

C'est pour Lyon ! Et ça marche !

PERBEN, UN ESTIDADO!

image 1Retour du congrès mondial des villes le 1° Novembre. Je tombe sur Le Progès qui relate le voyage de Perben à Barcelone, voyage censé lui donner de l'inspiration (sic!). J'avais eu des échos de ce voyage par la plus que catalane Antonia Sabartès avec qui j'ai eu mardi une séance de travail sur nos dossiers en commun.

Le regard plein de malice elle tente de me faire parler de Perben... pour finir par me raconter la visite de l'ex-ministre dans les services de la ville de Barcelone. On dira que le personnage ne semble pas avoir marqué par sa chaleur communicative...

Avant de partir dans un de ses rires si caractéristiques, celle qui a construit la stratégie internationale de la capitale catalane me résume la journée: "cet homme, c'est un estidado...". Si l'on evite les traductions trop familières, on dira "complètement coincé".

Touché!

SUISSE-MALI: 0-1

image 1Retour d'un voyage éclair à Bamako, de cette Afrique sub-saharienne où tous les ans 800 000 enfants de moins de 5 ans meurent du paludisme. Un continent toujours aussi improbable et magique. C'est pour tomber à ma descente d'avion sur le résultat des élections suisses. Victoire de l'UDC de Blocher qui a fait sa campagne derrière une affiche où l'on voit le vilain mouton noir se faire vider du pays.

On nous a souvent donné cette fédération de cantons comme l'exemple de la démocratie idéale. Sur certains aspects, oui. Mais peut on faire vivre une démocratie lorsqu'un peuple aspire à se replier sur lui même et à foutre dehors tout ce qui n'est pas dans la norme? Bien pire même la Suisse Romande, jusque là exemplaire, s'y met!

Les présidentielles de 2002 nous poussent à la modestie. Mais je suis convaincu que ce combat n'est pas national. Il s'agit bien du combat de toute une culture. D'un véritable combat politique qui range au rayon des accessoires nos petites luttes internes.

CAÏN

J'espère que votre week-end illuminé par l'étonnante énergie du quinze de France n' a pas été hanté par la terrifiante publicité qui occupait les couloirs du métro la semaine dernière.On y voyait, plaqué sur un objet bizarre, un oeil énorme éclairé par derrière. Sur certaines, un effet stroboscopique le faisait grossir et diminuer, avec une intention hypnotique à peine dissimulée. Que voulait nous vendre UPS, signataire de cette affiche? Tout simplement la sécurité (éternelle?) grace à son produit WIDGET qui permet à chacun d'entre nous de voir tout, partout. On ne sait pas pourquoi faire, mais chacun d'entre nous se voit soudain promus comme grand ordonnateur d'une télésurveillance personnelle mais néanmoins planétaire. C'est "tous Big Brother" ou "surveillons nous les uns les autres" érigés en code social. L'horreur! Je ne sais pas si cela était du aux profondeurs du métro mais cette affiche évoquait plutôt pour moi "l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn..."

VOYAGE (RETOUR DE)

Voyage dense à Philadelphie, New York et Montréal. Peu de villes existent dans la ville des villes, La Pomme. New York est vraiment une machine à broyer. Sans Pitié. J'adore. Notre stratégie d'un club de 350 lyonnais relais est la bonne. A l'inverse d'une volonté illusoire de notoriété à tous prix, un réseau nous apporte des contacts directs et opérationnels, de lyonnais à lyonnais.

Philadelphie ou Montréal sont au contraire des villes où Lyon existe (et existe bien!) avec un partenariat riche et en développement. Très fort en économie mais aussi dans le domaine universitaire, culturel, touristique...Jusqu'aux barreaux qui sont croisés.

Pour jouer des synergies, j'étais là bas avec Jean Besson, sénateur et mon homologue à la région. Quel personnage! Une immense sensibilité se cache derrière l'apparence "radical III° république" qu'il s'amuse à jouer. Nous sommes retourné à la Fondation Barnes. Peut être un jour arriverons nous à les convaincre de montrer cette caverne d'Ali Baba à Lyon...

C'est de retour dans l'avion que je lis l'article du Monde sur la biennale. Il tacle violement sous le pretexte que réunir des individualités et demander à chacun de choisir un artiste symbole de l'art contemporain aujourd'hui n'est pas un concept. Certes! Mais le monde d'aujourd'hui est fondamentalement pluriel et a du mal, même avec un chausse pied, à rentrer dans ces concepts simplificateurs qui plaisent tant à notre cartésianisme. Pas étonnant qu'une biennale porte cela!

INDISCRETIONS

Un de mes amis m'a raconté un dîner en ville restreint dont Perben était l'invité. Autour de la table, 6 personnes toutes électrices de droite dans les scrutins nationaux. La soupe a viré à la grimace lorsque chacun expliqua qu'il n'avait vraiment aucune raison de ne pas voter Collomb aux municipales. Le ton monte. En mal d'arguments programmatiques, notre candidat finit par lâcher son argument-massue. Il a réussi à être le seul et unique opposant crédible à Collomb. Ceux qui sont passés à la trappe apprécieront sans doute. Et les citoyens jugeront...

ARLES ET RETOUR

Faites rapidement un aller-retour à Arles.Cette ville a une âme. Surtout, cette année, les expositions de photographie méritent le détour. Je noterai seulement pour les amoureux de sociologie politique la succession des portraits de tous les présidents de la république française. Edifiant dans l'utilisation des symboles. On constate que Giscard d'Estaing a, plus que ses pairs, osé et affirmé sa modernité. Bizarrement le portrait de Sarkozy marque un retour délibéré à un classicisme pontifiant. Comme l'expression d'un besoin désespéré de légitimité...

Tout aussi passionnant, tous les portraits de la reine d'Angleterre, depuis sa naissance jusqu'à aujourd'hui. Au delà des séquelles de l'âge, c'est tout l'imaginaire d' un pays que l'on visite.

A la fin de cette double exposition, on comprend les véritables enjeux des matches de rugby France-Angleterre.

VRAI OU FAUX?

image 1A Rome, jeudi, lors de la commission Solidarité Internationale du réseau mondial des villes, j'ai pu mesurer la capacité de mobilisation de ce thème.
Oui, beaucoup sont aujourd'hui ceux qui savent que la planète est un seul et même bateau. Et qu'à ignorer cela nous courons au précipice.

Mais quand on confronte ce constat plutôt optimiste à l'attitude des pays face à la tragédie du Darfour, cela fait vaciller. Les mêmes qui s'indignent des atrocités qu'ont connues le peuple juif ou le peuple arménien affichent une indifférence polie et réservée devant ce génocide d'aujourd'hui.

Il y a bien sûr, la complexité de la situation. Mais, plus encore, je suis convaincu que la machine médiatique finit par désincarner le pire. A force de vivre dans le virtuel nous finissons par oublier que parfois le réel existe...A un point tel que Ségolène en est amenée à bien nous préciser que, elle, elle préfère aller voir les "vrais gens".

Pendant ce temps là, nous tous, ne faisons que vulgairement fréquenter des "faux gens".
Surréaliste!