FRANCOPHONIE EN DERNIERE SEANCE
Par Jean Michel Daclin, mardi 19 février 2008 :: Politiquement pas correct :: #55 :: rss
Dernière intervention en conseil municipal pour Erick Roux de Beyzieux qui ne se représente pas, tué par son ex-meilleur ami Amaury Nardone. Beaucoup d'émotion cachée dans la voix de ce futur-ancien élu actif qui n'est pas sans talent. Mais les interventions d'ERDB provoquent toujours chez moi un malaise. Tellement "écrit", tellement apprêté, tellement déclamatoire son discours pourtant intelligent "sonne" affecté, voire artificiel. On sent qu'il ne peut pas résister à la facilité d'une envolée ou d'une pirouette rhétorique. Un double salto polémique lui procure visiblement plus de plaisir qu'une simple parole juste.Son intervention d'hier sur la francophonie (une vraie passion chez lui) a pâti, un peu, d'un art oratoire par trop baroque. Nous sommes globalement d'accord sur le fond de la francophonie. Mais je ne me suis pas trop reconnu dans une intervention dont je n'ai pas aimé certains dérapages franchouillards. Il est certain que la francophonie peut glisser facilement dans la défense nostalgique d'une époque pas si ancienne où le français était la langue du monde. Ce n'est plus vrai. Combien de fois je vois à l'international des élus français défendre la francophonie tout simplement parce qu'ils ne parlent pas anglais... Le monde entier parle anglais. Pour exister dans ce monde, nous aussi nous devons maitriser cette langue.
Mais l'enjeu de la francophonie est ailleurs. Plusieurs pays du monde ont le privilège d'avoir une formidable culture en commun. Une culture portée et structurée par une des très belles langues du monde. C'est cette culture-là qu'il faut entretenir et développer. Et faire comprendre son apport au monde d'aujourd'hui. Malheureusement notre République et son gouvernement sont loin d'être très actifs en la matière.
L'autre enjeu de la francophonie est plus général. Le français comme l'allemand, l'espagnol, l'italien ou l'arabe sont des vecteurs de la pluralité de notre monde. Les langues structurent les pensées et les cultures. Il n'y aurait rien de pire qu'une planète dont l'horizon culturel serait peu à peu réduit par l'utilisation universelle d'un anglais "de cuisine" appauvri par une utilisation purement fonctionnelle.
Ces deux ambitions sont pour moi énormes. Mais il faut les exprimer clairement si l'on ne veut pas être victime d'un patos affectivo-national. Erick, nous aurons le temps de travailler sur ce chantier au sein de la maison de la francophonie. So long!



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