Jean Michel Daclin, le Blog

C'EST QUI QUI A LE PLUS GROS ZIZI?

Dans la série "les avatars de campagne", l'épisode d'hier sur le sommet Europe-Chine à Lyon est assez gratiné. Flash Back rapide: dans le cadre de la présidence française de l'Union Européenne (2ème semestre 2008), un certain nombre de manifestations vont être délocalisées en "province". Pour attirer le meilleur, nous nous battions, le Palais des Congrès aussi, depuis 6 mois. Nous avions jusqu'à hier confirmation de deux manifs. Et nous attendions réponse sur le sommet Europe-Chine.

Hier après-midi, j'apprend qu'un communiqué de Dominique Perb(i)en annonce triomphalement la tenue à Lyon de ce sommet. Et bien sûr, grâce soit rendue à son action auprès de Nicolas Sarkozy... Bon, je n'ai rien contre les ouvriers de la dernière heure. C'est de bonne guerre. Je trouve en revanche pas très républicain de ne pas avoir la politesse de prévenir les autorités locales. Et je ne trouve pas très fair-play de ne pas respecter le travail des collaborateurs qui rament sur ce dossier depuis de longs mois...

Enfin ce que n'a pas dit Perb(i)en c'est qu'il y a 3 mois nous avions gagné le gros lot: une rencontre intergouvernementale des ministres de l'économie et des finances de l'Union Européenne dans notre agglomération. Accord de tout le monde, y compris du directeur de cabinet du ministre. J'ai quant à moi eu entre les mains une note confidentielle de ventilation des événements qui confirmait cela. Et puis patatrac un mois plus tard l'oiseau s'envole vers Nice. Forte gêne dans les ministères. Explications embrouillées des techniciens. On finit par nous dire gênés et off que les critères politiques ont été déterminants. Et continuent de l'être! Les beaux morceaux vont dans les villes de droite. Les miettes dans celles de gauche. Hallucinant. Peu à peu la République perd sa substance.

Et Perb(i)en compte pour du beurre!

TV GLING GLING

Moi qui suis un incorrigible optimiste je me fais l'effet d'un râleur impénitent. Et en plus d'un libéral incorrigible. Oui, je sais la TV sans pub c'est politiquement correct. Donc l'annonce de Sarkozy d'une TV publique sans pub est forcément de gauche. Sauf que cette mesure impacte directement deux acteurs-médias. D'abord bouygues/TF1 qui se voit récompensé de son action efficace lors des présidentielles. La disparition publicitaire des 2° et 3° chaines c'est mécaniquement tout bénéf pour bouygues. Alors même que l'audience faiblissait sur la Une, les investissements publicitaires TV vont chercher à se recycler. Sur TF1. Merci Sarko.

Mais le plus grave c'est la TV publique. Augmenter la redevance n'étant pas dans l'air du temps, comment vont ils s'en sortir? Où trouver 800 millions d'Euros (l'apport de la pub sur les chaînes publiques)? Soyons clairs, il n'y a pas de solution aujourd'hui. Les annonces sarkosyiennes de financement de la 2 et de la 3 ne dépassent 200 millions d'Euros. On se retrouve avec un audiovisuel public qui va droit contre le mur...

Bon! Un Sarko qui tue le secteur public au bénéfice de son copain Bouygues il n'y a rien d'étonnant! Le plus impressionnant à gauche c'est la contradiction entre une position théorique, de l'ordre du dogme "pub=caca", et une réalité qui amène la mort de la qualité de la TV publique donc sa mort. La pub est politiquement incorrect donc je tue ceux qui en sont le plus affranchi. Je vais être clair : supprimer la pub sur la TV publique c'est la condamner au mieux à produire des émissions cultureuses marginales et abandonner le grand public aux TV commerciales. Comment des femmes et des hommes de gauche peuvent ils accepter cela?

Cette simple (mais très grave) annonce nous renvoie à nos propres paradoxes. Il faut faire son deuil d'une société idéale, abstraite, irréelle et entrer dans le monde du Monde. Sarko tue la TV publique. N'en soyons pas les complices au nom d'une gauche bien pensante!

MALECOT SE FAIT LA MALLE

Il m'avait demandé mon avis il y a un mois. Mais c'était de pure forme. C'est dur de résister à l'attraction...

Il l'a annoncé la semaine dernière: "moi, Charles Henri Malécot, PS, directeur des relations internationales de Lyon je rejoins le maire de Saint Etienne, de Droite, pour être adjoint au maire". Instants de gloire dans les médias, quelques lignes font toujours plaisir...Incarner l'ouverture est dans le moove.

J'ai du mal à voir là un acte irréparable de traîtrise. J'aime le personnage, son intelligence comme son insupportable désinvolture. Il aime les (très bons) cigares mais est excellent dans sa connaissance des réseaux internationaux. Il nous a fait gagner du temps même s'il nous en fait perdre dans sa gestion hasardeuse des relations humaines.

So long Charles Henri! Si le sort nous est favorable à toi et à nous (bien que ce soit un peu contradictoire) nous pourrons peut être apporter notre pierre à la construction du destin lié Lyon-Saint Etienne. En dehors du foot, bien sûr. Mes amitiés à Michel Thiollière pour lequel j'ai du respect.

DUBAÏ? LE RETOUR

Deux mots sur la venue à Lyon la semaine dernière de Buti, l'investisseur dubaïote qui va construire à Dubaï un quartier de 400 hectares reproduisant l'âme de Lyon. J'ai déja parlé de l'homme, de son intelligence, sa sensiblité, sa culture. Mais, au delà, ce projet incroyable m'a appris deux choses. La première sur Lyon. Cette ville, notre ville a un incroyable pouvoir d'attraction. Un journaliste nous avait envoyés sur la Grande Roue et, là haut, Buti m'a raconté Lyon, son esprit, sa spiritualité, son architecture... Etonnant. Il faut que nous, lyonnais, apprenions enfin à mesurer le capital d'émotion de notre ville.

Mais ce qui m'a plus encore frappé c'est l'homme. Un entrepreneur en rupture avec les convenances d'un libéralisme pratiquant la pensée "de bois". Un chef d'entreprise se doit aujourd'hui de penser court terme avec un objectif de rentabilité froid et cartésien. Bouti est à l'opposé. Il va vite et avec intelligence mais ses décisions sont prises avec passion et c'est pour lui une assurance de réussite à moyen terme. Quel plaisir de voir que l'esprit d'entreprise n'est pas mort.. A l'opposé de beaucoup de nos chefs d'entreprises arcboutés sur leurs privilèges. Et leur conservatisme. Cet investisseur dubaïote rend soudain obsolète beaucoup des discours "ça eut payé..." de certains.

RENTREE DES CLASSES

Atterrissage après avoir fermé les volets une semaine. Ces retours au réel sont toujours intéressants. Vous changez de lunettes et votre vision reprend une acuité qu'une trop grande proximité vous avait fait perdre. C'est bien connu le quotidien rend myope... Bien sûr, la campagne électorale occupe le terrain. Moment difficile (bonjour les coups bas). Mais moment théoriquement vivifiant pour notre démocratie.

On en est encore dans les marchandages pour la constitution des listes. Des rumeurs (un peu plus que cela je dois le dire) font état de négociations difficiles entre Perb(i)en et certains individus se réclamant d'une appartenance Modem-tendance-droite-revisitée-Mercier (si vous voyez ce que je veux dire, moi pas bien). Négociation particulièrement difficile dans le 3° pour placer madame Condemine, celle qui veut incarner le renouveau de la pratique politique... Un non-événement, j'en conviens mais tout d'un coup toute la négociation avec les millionistes se trouve remise en cause. Et c'est là qu'on découvre la réalité de l'accord de la liste de droite. La constitution des listes ressemble au plouffage des cours de récréation: un coup UMP, un coup millonistes, un coup UMP, un coup millonistes et ainsi de suite...Remarquez des fois ça change en commençant par les millonistes.

Bon, vous avez compris que placer Condemine dans le 3° en position éligible peut causer du tracas à notre ami Huguet: l'alternance saute un tour et hop vous retournez à la case départ et vous ne touchez pas 20.000... Mais ce qui me saute aux yeux c'est la logique uniquement politicienne qui anime Perb(i)en. Oublié l'ouverture, oublié les déclarations sur la merveilleuse société civile, le candidat est préoccupé, uniquement préoccupé par l'union des partis de droite à Lyon. C'est certainement une grande et difficile ambition. Mais voila notre homme déja piégé et prisonnier des ambitions personnelles déguisées politique.

Philippe Genin a bien fait de sauter du radeau.