Là bas les tours ressemblent aux BD de science fiction de mon enfance et grattent vraiment le ciel; Comment ce village du désert des années 60, passé à 1,4 million d'habitants aujourd'hui peut-il, sans trembler, construire pour accueillir 6 millions d'habitants supplémentaires sous moins de 15 ans? On a l'impression, à errer dans ce monumental chantier, que le réel n'existe plus. Les gens eux-même, gentils, cultivés, attentifs, vous évoquent sans sourciller leur intention d'atteindre la lune. Dès demain matin. Une possibilité d'échec ne les effleure pas. Et ce mirage attire : 80% d'immigrants. Sans compter ceux qui ne sont pas comptabilisés et travaillent dans les soutes dans des conditions plus que limite. C'est la ruée vers l'Ouest façon pétro-dollars.

Et si l'on vous demande ce qui fait courir tout ce monde ne répondez surtout pas que c'est le pétrole. Il ne représente plus aujourd'hui que 15% de leur PNB. Non, le phénomène est le même que celui qui a construit la Suisse. Vous prenez le Liban, l'Irak, l'Iran, vous ajoutez le Pakistan, la Russie et quelques autres. Ils sont quelques centaines de milliers dans chacun de ces pays à la tête de petites ou grosses fortunes à la recherche d'un pays d'asile à l'abri des conflits. Si en plus il sait être sympathique sur le plan fiscal, c'est le bingo.

Que vient faire Lyon dans cet autre monde? Du business d'abord pour une partie de notre délégation de 45 personnes. Et ça a (très) bien marché. Ensuite rencontrer des investisseurs, en particulier dans le secteur de l'hôtellerie: deux très bons contacts qui vont donner lieu à des études de projets. Egalement un rendez-vous de travail avec le vice-président d'Emirates, la compagnie aérienne. Prêts à ouvrir une ligne directe sur Lyon si le gouvernement français -pardon je voulais dire Air France- leur en donne l'autorisation.

Enfin une rencontre formidable avec le patron d'Emivest. Fin, cultivé, attentif cet homme s'est retrouvé par un concours de circonstance à Lyon. Et il est tombé amoureux de cette ville. Au point de vouloir recréer à Dubaï la qualité de vie qu'il a ressenti dans notre ville. Tout un quartier va naître. A la lyonnaise. Signés au cours de notre séjour: l'installation d'une université francophone sous l'égide de Lyon 2 et l'implantation d'un centre de formation de foot dirigé par l'OL. Il souhaiterait également une coopération avec un musée lyonnais (musée des tissus ou musée des Beaux Arts) et l'Institut Paul Bocuse. Tout ceci constitue un formidable outil de promotion pour Lyon et ses acteurs. Ah, j'oubliais de vous dire l'université ouvre en Septembre prochain!