Jean Michel Daclin, le Blog

VOUS AVEZ DIT NOTABLE...

Au début, on se croyait au théâtre ce soir. Cela tourna vite au vaudeville (les bons et méchants,c'était pour rire). Maintenant c'est les Marx Brothers: les derniers soubresauts du MODEM à Lyon sont totalement burlesques...

Vous avez suivis. Après de vraies-fausses élections avec de vraies-vraies trahisons on s'était retrouvé avec 1/3 à droite, 1/3 à gauche et 1/3 sur une liste indépendante. Une lecture un peu spéciale du crédo Bayrou... Depuis aujourd'hui, on sait que dans sa hâte cette dernière avait recruté un membre du Front National, par ailleurs déja candidat sur la liste FN dans le 8°! Sans compter que celui qui était apparemment le tête de liste le plus légitime, Azouz Bégag, après quelques pirouettes verbales en faveur de Gérard Collomb le week end dernier, se lance maintenant dans le cinéma...

Drôle mais pas tant que ça. On aime ou on n'aime pas Bayrou mais il faut reconnaître que sa posture avait rencontré un écho véritable dans l'opinion. L'anti-idéologie semblait en voie de constituer une esquisse de doctrine politique. Cela méritait en tout cas débat. Et on a aujourd'hui plus que jamais besoin de débats en la matière.

Le hic est que le gap entre le destin personnel du candidat Bayrou et la réalité politique qui l'appuyait était abyssal. Pour faire court il était demandé au groupe politique le plus notabilisé façon IV° république de france de porter un discours qui se voulait résolument "moderne". Eclatement bien sûr au lendemain des élections. A l'UDF succèdent 3 ou 4 partis en fonction des sauve-qui-peut personnels...

Et les électeurs dans tout cela? Gilles Vesco m'a dit avoir été fasciné par le comportement très pro-actif de ces nouveaux partisans. Mais une pro-activité qui se manifestait principalement par le web avec bien sûr, en prime le comportement zappeur que crée chez nous ce média. Donc des militants convaincus et passionnés mais des militants virtuels. Au dela de l'intérêt sociologique de l'irruption de cette nouvelle forme d'expression politique, cela a eut pour conséquence directe de voir converger sur ce pauvre MODEM les candidats bien réels principalement motivés par leur itinéraires personnels, laissant bien volontiers le terrain du débat politique aux surfeurs de web. Et c'est ainsi que l'on voit aujourd'hui des apprentis jeunes notables tenter, sans aucune pensée politique commune, de remplacer dans la précipitation les vieux notables.

Il faut dire que michel Mercier avait fait place nette...

FRANCOPHONIE EN DERNIERE SEANCE

Dernière intervention en conseil municipal pour Erick Roux de Beyzieux qui ne se représente pas, tué par son ex-meilleur ami Amaury Nardone. Beaucoup d'émotion cachée dans la voix de ce futur-ancien élu actif qui n'est pas sans talent. Mais les interventions d'ERDB provoquent toujours chez moi un malaise. Tellement "écrit", tellement apprêté, tellement déclamatoire son discours pourtant intelligent "sonne" affecté, voire artificiel. On sent qu'il ne peut pas résister à la facilité d'une envolée ou d'une pirouette rhétorique. Un double salto polémique lui procure visiblement plus de plaisir qu'une simple parole juste.

Son intervention d'hier sur la francophonie (une vraie passion chez lui) a pâti, un peu, d'un art oratoire par trop baroque. Nous sommes globalement d'accord sur le fond de la francophonie. Mais je ne me suis pas trop reconnu dans une intervention dont je n'ai pas aimé certains dérapages franchouillards. Il est certain que la francophonie peut glisser facilement dans la défense nostalgique d'une époque pas si ancienne où le français était la langue du monde. Ce n'est plus vrai. Combien de fois je vois à l'international des élus français défendre la francophonie tout simplement parce qu'ils ne parlent pas anglais... Le monde entier parle anglais. Pour exister dans ce monde, nous aussi nous devons maitriser cette langue.

Mais l'enjeu de la francophonie est ailleurs. Plusieurs pays du monde ont le privilège d'avoir une formidable culture en commun. Une culture portée et structurée par une des très belles langues du monde. C'est cette culture-là qu'il faut entretenir et développer. Et faire comprendre son apport au monde d'aujourd'hui. Malheureusement notre République et son gouvernement sont loin d'être très actifs en la matière.

L'autre enjeu de la francophonie est plus général. Le français comme l'allemand, l'espagnol, l'italien ou l'arabe sont des vecteurs de la pluralité de notre monde. Les langues structurent les pensées et les cultures. Il n'y aurait rien de pire qu'une planète dont l'horizon culturel serait peu à peu réduit par l'utilisation universelle d'un anglais "de cuisine" appauvri par une utilisation purement fonctionnelle.

Ces deux ambitions sont pour moi énormes. Mais il faut les exprimer clairement si l'on ne veut pas être victime d'un patos affectivo-national. Erick, nous aurons le temps de travailler sur ce chantier au sein de la maison de la francophonie. So long!

L'UMP S'EST ENVOLEE

Séance surréaliste du conseil municipal hier soir. Pas une intervention du groupe UMP. A deux semaines et demi du scrutin... ce fut même, à partir de la mi-temps, la politique de la chaise vide. Le président du groupe, Huguet, s'était envolé. Il s'était contenté de dire en début de séance qu'il laissait son temps de parole aux millionnistes!

Et Amaury Nardone d'étaler à l'envie son nardonisme un peu pédant. Difficile de faire plus droite conservatrice et réactionnaire que ce jeune homme qui semble toujours regretter d'avoir dû abandonner sa culotte de scout d'Europe. Cela donna un conseil bizarre où l'opposition s'enferma dans des postures qui fleurait bon l'Ainay d'un autre âge. Ah nostalgie, quand tu nous tiens...

Mais pourquoi l'UMP choisit-elle une pareille stratégie? Abandonner avant l'heure le champ de bataille est une façon inhabituelle de mener une guerre. Sans se perdre en conjectures, peut-être peut-on imaginer que jugeant le combat perdu, ils pensent au coup d'après. Et que sous cet angle de vue leurs nouveaux amis millonistes leur semblent un peu encombrants. Pas très bon pour l' image... En fait le très mauvais accord signé par Perb(i)en avec l'escouade de Charles Millon, en Décembre, a été le baiser de la mort. Quelqu'un aurait du prévenir le candidat de droite que certes l'ouverture était à la mode, mais qu'elle se fait dans le camp d'en face, pour lui à gauche pas à droite-droite. C'est l'expression politique de ce que l'on appelle la mauvaise latéralisation.

BING DANS LE P.A.F.

A l'occasion des grèves, retour aujourd'hui sur l'annonce de Sarkozy supprimant la publicité à la T.V. publique. Les rumeurs semblent confirmer mes prévisions pessimistes d'il y a 15 jours. Ce n'est plus 800 millions d'euros à trouver dont on parle, mais d'1,2 milliards. On sent que tout le monde pédale derrière l'annonce impromptu d'un président qui devrait se méfier des idées qui lui viennent comme cela en prenant son bain. N'est pas Archimède qui veut.

D'abord grosse secousse sur l'équilibre économique du secteur: selon les spécialistes TF1-Bouygues ramasserait 70% du pactole publicitaire laissé en jachère. Beau cadeau! Par ailleurs, les bruits commencent à devenir insistant sur les conséquences des économies à réaliser. On parle d'un France 2 qui virerait sa cuti côté culture. J'avais prévu cela. Et l'avais trouvé inquiétant: il est profondément anormal qu'on laisse le terrain du grand public au seul secteur privé. Anormal sur le simple plan de la démocratie! Quant à France 3, le public abandonnerait les décrochages régionaux pour les "déléguer" aux quotidiens régionaux. Belle vision d'une France de province abandonnée à l'information monocolore...Pour ne prendre que Lyon, le même groupe de presse monopoliserait le quotidien et les deux TV locales. Quand on connaît les options politiques clairement affichées en interne du dit groupe, cela fait frémir. Big brother, bonjour!

L'interview d'Alain de Greef dans Libé est interessante. Il y démontre très simplement que si est mis en place le système Sarko de taxation de la pub de TF1, pour bien gérer le budget de France Télévisions, il faudra faire des programmes que personne ne regarde. Elémentaire, mon cher Watson: plus les chaînes privées auront d'audience plus elles auront de pub et plus le pourcentage touché par le public sera important. A l'inverse plus France Télévision aura d'audience plus elle s'appauvrira...

Sarko, il faut vraiment arrêter les bains!

ANECDOTE DE CAMPAGNE

Rencontre sympathique il y a 15 jours avec une commerçante dans le canton où je suis élu. Femme de caractère au parler franc. Nous nous entendons bien et nous nous respectons même si nos opinions politiques divergent.

Au bout de 5 minutes elle m'annonce, les yeux pétillants, que, pour la première fois de sa vie, elle va voter à gauche. Gérard Collomb est, dit-elle, sans aucun doute, une excellent maire. Sans reproche. En revanche elle me dit pis que pendre de son concurrent. En substance, alors que je ne lui demandais rien, elle me le décrit comme loin des gens et préoccupé principalement par sa carrière politique. Dont acte. La fin de l'histoire, selon votre humeur drôle ou triste: je découvre lundi, dans Le Progrès, le nom de ma commerçante dans la liste des candidats de la liste Perb(i)en. Même pas en situation éligible! La nature humaine est surprenante.

J'espère en tout cas pour lui qu'il a des candidats plus convaincus.

Tant qu'à parler d'anecdote de campagne, voici quelques images de ce dimanche en campagne :

LA POLITIQUE NOUVELLE EST ARRIVEE

Interview surréaliste de Michel Mercier dans Libé. La Bérésina lyonnaise, c'est la faute à Bayrou, explique-t-il en substance. Pour le moins drôle alors que l'on assiste entre Rhône et Saône à des mois d'intrigues de couloirs, de déclarations en trompe l'oeil, de vraies-fausses listes, de demi trahisons, de rumeurs savamment entretenues. Il est vrai que le vote des militants est souverain. Surtout quand on se débrouille pour qu'il n'y ait qu'un seul candidat! Bref le Modem du Rhône hésite depuis l'automne entre la république bananière et l'opéra bouffe. Pour le moins triste quand on sait que le Modem en question a été porté aux présidentielles par une volonté de faire de la politique autrement. C'est pas autrement, c'est pire, et ça fleure bon la IVème République. Si j'ai bien compris Bayrou va adouber une liste officielle à Lyon. Il y aura néanmoins des candidats (ex?) Modem sur la liste Collomb et sur la liste Perben. Et le président du ci-devant Modem a démissionné parce que François Bayrou a rencontré Gérard Collomb. On dira charitablement que c'est une pratique politique innovante...

C'EST QUI QUI A LE PLUS GROS ZIZI?

Dans la série "les avatars de campagne", l'épisode d'hier sur le sommet Europe-Chine à Lyon est assez gratiné. Flash Back rapide: dans le cadre de la présidence française de l'Union Européenne (2ème semestre 2008), un certain nombre de manifestations vont être délocalisées en "province". Pour attirer le meilleur, nous nous battions, le Palais des Congrès aussi, depuis 6 mois. Nous avions jusqu'à hier confirmation de deux manifs. Et nous attendions réponse sur le sommet Europe-Chine.

Hier après-midi, j'apprend qu'un communiqué de Dominique Perb(i)en annonce triomphalement la tenue à Lyon de ce sommet. Et bien sûr, grâce soit rendue à son action auprès de Nicolas Sarkozy... Bon, je n'ai rien contre les ouvriers de la dernière heure. C'est de bonne guerre. Je trouve en revanche pas très républicain de ne pas avoir la politesse de prévenir les autorités locales. Et je ne trouve pas très fair-play de ne pas respecter le travail des collaborateurs qui rament sur ce dossier depuis de longs mois...

Enfin ce que n'a pas dit Perb(i)en c'est qu'il y a 3 mois nous avions gagné le gros lot: une rencontre intergouvernementale des ministres de l'économie et des finances de l'Union Européenne dans notre agglomération. Accord de tout le monde, y compris du directeur de cabinet du ministre. J'ai quant à moi eu entre les mains une note confidentielle de ventilation des événements qui confirmait cela. Et puis patatrac un mois plus tard l'oiseau s'envole vers Nice. Forte gêne dans les ministères. Explications embrouillées des techniciens. On finit par nous dire gênés et off que les critères politiques ont été déterminants. Et continuent de l'être! Les beaux morceaux vont dans les villes de droite. Les miettes dans celles de gauche. Hallucinant. Peu à peu la République perd sa substance.

Et Perb(i)en compte pour du beurre!

TV GLING GLING

Moi qui suis un incorrigible optimiste je me fais l'effet d'un râleur impénitent. Et en plus d'un libéral incorrigible. Oui, je sais la TV sans pub c'est politiquement correct. Donc l'annonce de Sarkozy d'une TV publique sans pub est forcément de gauche. Sauf que cette mesure impacte directement deux acteurs-médias. D'abord bouygues/TF1 qui se voit récompensé de son action efficace lors des présidentielles. La disparition publicitaire des 2° et 3° chaines c'est mécaniquement tout bénéf pour bouygues. Alors même que l'audience faiblissait sur la Une, les investissements publicitaires TV vont chercher à se recycler. Sur TF1. Merci Sarko.

Mais le plus grave c'est la TV publique. Augmenter la redevance n'étant pas dans l'air du temps, comment vont ils s'en sortir? Où trouver 800 millions d'Euros (l'apport de la pub sur les chaînes publiques)? Soyons clairs, il n'y a pas de solution aujourd'hui. Les annonces sarkosyiennes de financement de la 2 et de la 3 ne dépassent 200 millions d'Euros. On se retrouve avec un audiovisuel public qui va droit contre le mur...

Bon! Un Sarko qui tue le secteur public au bénéfice de son copain Bouygues il n'y a rien d'étonnant! Le plus impressionnant à gauche c'est la contradiction entre une position théorique, de l'ordre du dogme "pub=caca", et une réalité qui amène la mort de la qualité de la TV publique donc sa mort. La pub est politiquement incorrect donc je tue ceux qui en sont le plus affranchi. Je vais être clair : supprimer la pub sur la TV publique c'est la condamner au mieux à produire des émissions cultureuses marginales et abandonner le grand public aux TV commerciales. Comment des femmes et des hommes de gauche peuvent ils accepter cela?

Cette simple (mais très grave) annonce nous renvoie à nos propres paradoxes. Il faut faire son deuil d'une société idéale, abstraite, irréelle et entrer dans le monde du Monde. Sarko tue la TV publique. N'en soyons pas les complices au nom d'une gauche bien pensante!

MALECOT SE FAIT LA MALLE

Il m'avait demandé mon avis il y a un mois. Mais c'était de pure forme. C'est dur de résister à l'attraction...

Il l'a annoncé la semaine dernière: "moi, Charles Henri Malécot, PS, directeur des relations internationales de Lyon je rejoins le maire de Saint Etienne, de Droite, pour être adjoint au maire". Instants de gloire dans les médias, quelques lignes font toujours plaisir...Incarner l'ouverture est dans le moove.

J'ai du mal à voir là un acte irréparable de traîtrise. J'aime le personnage, son intelligence comme son insupportable désinvolture. Il aime les (très bons) cigares mais est excellent dans sa connaissance des réseaux internationaux. Il nous a fait gagner du temps même s'il nous en fait perdre dans sa gestion hasardeuse des relations humaines.

So long Charles Henri! Si le sort nous est favorable à toi et à nous (bien que ce soit un peu contradictoire) nous pourrons peut être apporter notre pierre à la construction du destin lié Lyon-Saint Etienne. En dehors du foot, bien sûr. Mes amitiés à Michel Thiollière pour lequel j'ai du respect.

DUBAÏ? LE RETOUR

Deux mots sur la venue à Lyon la semaine dernière de Buti, l'investisseur dubaïote qui va construire à Dubaï un quartier de 400 hectares reproduisant l'âme de Lyon. J'ai déja parlé de l'homme, de son intelligence, sa sensiblité, sa culture. Mais, au delà, ce projet incroyable m'a appris deux choses. La première sur Lyon. Cette ville, notre ville a un incroyable pouvoir d'attraction. Un journaliste nous avait envoyés sur la Grande Roue et, là haut, Buti m'a raconté Lyon, son esprit, sa spiritualité, son architecture... Etonnant. Il faut que nous, lyonnais, apprenions enfin à mesurer le capital d'émotion de notre ville.

Mais ce qui m'a plus encore frappé c'est l'homme. Un entrepreneur en rupture avec les convenances d'un libéralisme pratiquant la pensée "de bois". Un chef d'entreprise se doit aujourd'hui de penser court terme avec un objectif de rentabilité froid et cartésien. Bouti est à l'opposé. Il va vite et avec intelligence mais ses décisions sont prises avec passion et c'est pour lui une assurance de réussite à moyen terme. Quel plaisir de voir que l'esprit d'entreprise n'est pas mort.. A l'opposé de beaucoup de nos chefs d'entreprises arcboutés sur leurs privilèges. Et leur conservatisme. Cet investisseur dubaïote rend soudain obsolète beaucoup des discours "ça eut payé..." de certains.

RENTREE DES CLASSES

Atterrissage après avoir fermé les volets une semaine. Ces retours au réel sont toujours intéressants. Vous changez de lunettes et votre vision reprend une acuité qu'une trop grande proximité vous avait fait perdre. C'est bien connu le quotidien rend myope... Bien sûr, la campagne électorale occupe le terrain. Moment difficile (bonjour les coups bas). Mais moment théoriquement vivifiant pour notre démocratie.

On en est encore dans les marchandages pour la constitution des listes. Des rumeurs (un peu plus que cela je dois le dire) font état de négociations difficiles entre Perb(i)en et certains individus se réclamant d'une appartenance Modem-tendance-droite-revisitée-Mercier (si vous voyez ce que je veux dire, moi pas bien). Négociation particulièrement difficile dans le 3° pour placer madame Condemine, celle qui veut incarner le renouveau de la pratique politique... Un non-événement, j'en conviens mais tout d'un coup toute la négociation avec les millionistes se trouve remise en cause. Et c'est là qu'on découvre la réalité de l'accord de la liste de droite. La constitution des listes ressemble au plouffage des cours de récréation: un coup UMP, un coup millonistes, un coup UMP, un coup millonistes et ainsi de suite...Remarquez des fois ça change en commençant par les millonistes.

Bon, vous avez compris que placer Condemine dans le 3° en position éligible peut causer du tracas à notre ami Huguet: l'alternance saute un tour et hop vous retournez à la case départ et vous ne touchez pas 20.000... Mais ce qui me saute aux yeux c'est la logique uniquement politicienne qui anime Perb(i)en. Oublié l'ouverture, oublié les déclarations sur la merveilleuse société civile, le candidat est préoccupé, uniquement préoccupé par l'union des partis de droite à Lyon. C'est certainement une grande et difficile ambition. Mais voila notre homme déja piégé et prisonnier des ambitions personnelles déguisées politique.

Philippe Genin a bien fait de sauter du radeau.

POLITIQUE: ON PLOUFFE!

Je reviens en deux mots sur l'épisode Perben/Genin. A l'époque maintenant lointaine du projet de Tribunal pour la Terre, j'avais rencontré à plusieurs reprises le batonnier Genin: une fois avec Gérard Collomb puis en participant à pas moins de 8 réunions de travail. J'y avais découvert une homme plutôt sympathique, intelligent. J'avais décelé chez lui un goût prononcé pour la séduction. Comme chacun sait la séduction est avant tout un jeu auquel un amateur de ce sport a du mal à résister. D'où sans doute des erreurs dans le montage du projet de Tribunal pour la Terre. C'est difficile de résister à l'ivresse des effets d'annonce. Même si l'on sait que cela plombe ipso facto ce que l'on veut promouvoir.

Bref j'avais ressenti son bref passage du côté de chez Perben comme une illustration de cet aspect du personnage. Son retour en arrière démontre la complexité et la richesse de la nature humaine. Monsieur Genin prouve aujourd'hui qu'il a non seulement une éthique (au cas particulier anti-milloniste) mais aussi plus de caractère qu'il ne laissait supposer. Quant à moi je le remercie de nous rassurer à postériori: opportunisme et politique ne sont pas forcément synonymes.

Même si en l'espèce il est sacrifié sur l'autel de la quête maniaco-obsessionnelle chez dominique Perben des accords d'appareils politiques.

FETES DE LA LUMIERE REVISEES DE VILLIERS

 width=Edition pivot me semble-t-il de la Fête des Lumières. Il avait été fait le pari que cette vieille tradition devienne un évenement porteur de l'image d'une ville à la fois festive, créative, généreuse mais intime. C'est fait. Quelques pas dans les rues pouvaient convaincre les plus sceptiques de son impact touristique international. Plus de 30 délégations officielles de villes de tous les continents présentes. Des représentations nationales par dizaines (se retrouver un samedi matin face à 45 coréens vous réveille un homme...). Du business pour l'économie lyonnaise en général et l'économie de la lumière en particulier. Et un petit satisfecit particulier, charité bien ordonnée commençant par soi même, pour le président de LUCI que je suis. Le réseau des villes lumières est en train d'exploser, suivant (ou plutôt précédant) en cela le mouvement mondial. Lyon ouvre la voie.

Bien sûr j'entend d'ici les néo-conservateurs (principalement millonistes révisés De Villiers) dire que les choses ne sont plus ce qu'elles étaient et se lamenter sur le bon temps où le 8 Décembre consistait d'abord en une montée au flambeau à Fourvière, de préfèrence pieds nus. Ces jeunes gens ont la mémoire courte. S'ils avaient, comme moi, connu enfant cette fête, ils sauraient qu'à côté des luminions le principal événement étaient les vitrines des commerçants dont nous faisions, si j'ose dire, religieusement le circuit. Entre la prise de la smala d'Abd El Kader par le duc d'Aumale reconstituée en saindoux chez Chorliet et le pont de Tancarville en chocolat chez Voisin, on faisait difficilement plus commercial...

Pour notre plus grand bonheur!

MONSIEUR JOURDAIN OU MARX BROTHERS?

Personne n'était dupe. Dominique Perb(i)en missionné par Sarkozy pour faire une étude comparative des métropoles européennes en 4 mois, cela a fait rire beaucoup de monde. Depuis 15 ans, toutes les villes font ce type d'études en long, en large et en travers. Je tiens d'ailleurs à la disposition du sus-nommé environ un mètre de rapports. La plupart interessants. Mais cela préoccupe t il vraiment notre monsieur Jourdain? Non, bien sûr! Mais il faut (desespérement) faire crédible.

Bon, Lyon vaut bien une passe. Et voila notre apprenti rencontrant les services de Barcelone (voire mon message précédent) et les maires d'Amsterdam et de Lyon. Puis le président de l'AMGVF. A nouveau des retours: je préside la commission Europe de l'association des Grandes Villes Françaises. No comment. Il vaut mieux.

Mais monsieur Jourdain fait des commentaires, lui. Sur son blog. Cet émissaire (sic) de la République Française trouve que Lyon devrait se donner une dimension Européenne...Sous entendu pour les couillons qui n'auraient pas compris: grace à lui! On ne va pas gloser à l'infini sur l'utilisation bien peu républicaine de la double casquette. Ce régime est en train de nous habituer à bien pire. Non, plus simplement, je suis atterré par la faiblesse intellectuelle de la posture.

On peut penser ce que l'on veut, il n'y a pas grand monde aujourd'hui pour ne pas dire que Lyon par son action (et pas seulement sur ce mandat) est une des villes montantes de la galaxie européenne. Et l'enjeu est aujourd'hui de transformer l'essai, de faire de cette agglomération un symbole, une incarnation de ce que doit être la ville du XXI° siècle. Au lieu d'entamer un débat qui aurait pu être intéressant notre monsieur Jourdain tombe dans le burlesque. C'est Perben revisité par les Marx Brothers. Et nous sombrons dans une sombre argutie électorale, de celle qui nous fait douter de la démocratie.

De grâce, de l'intelligence. Un minimum!

CHAMPAGNE!

J'avais glissé deux mots il y a deux mois sur l'excellent bouquin de mon ami Pierre Dockès: "l'enfer, ce n'est pas les autres". Un intellectuel de gauche (il n'y a là rien de déshonorant), économiste qui sort de l'académisme néo-marxiste teinté d'auto-flagellation judéo-chrétienne pour respirer. De l'air. Enfin.

Que dit-il? Oui la mondialisation existe. Et il ne sert à rien de la nier. En revanche, elle peut être l'occasion pour nous de trouver des chemins de developpement. Sans tomber dans un optimisme béat, il y a des opportunités dans le marché du monde pour alimenter et bien alimenter l'enracinement d'une société humaniste à laquelle nous aspirons.

Qui aurait pu croire qu'une telle thèse intéresse le Sénat? Par quelle magie cette docte assemblée a-t-elle sélectionné cet ouvrage profondément révolutionnaire dans sa short-list destiné à son prix annuel ? Erreur ou inattention, le diable était dans la boîte, aidé par une forme politiquement correct. Puis la magie a opéré: passé de 100 titres puis à 20 pour terminer à 3. Et enfin, the winner is: Pierre Dockès. Il est le lauréat du prix du meilleur ouvrage en matière économique décerné par le sénat après un vote démocratique (mais oui!).

Champagne! Avec un immense plaisir! Tout ceci finalement pousse à l'optimisme. Qu'une assemblée profondément conservatrice en arrive à couronner l'ouvrage de Pierre est jubilatoire. Au sens propre.